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  Guido :
  - Mère ou pas, je parle comme il se doit de parler à une pute. Je te parle égale-ment ainsi parce que je te hais d'avoir fait de moi ce fils transi que ta nymphomanie a violé naguère. Je te parle ainsi parce que j'ai promis à notre client - un sénateur s'il te plaît ! - une femme distinguée, pas une demi-pute portuaire sur le retour. Alors tu files te conformer à mes demandes avant que je m'énerve et que je te casse la gueule !

  En prononçant ces dernières paroles, Guido donne un grand coup de poing sur la table. Gina sursaute et, apeurée, contrariée, quitte précipitamment la pièce. Guido se sert un verre de vin.

  Guido :
  - Que faire de ma putain de pute de mère ? La tuer ? Je lui procurerais un trop grand plaisir ! La chasser ? Elle ne ferait pas deux heures dans les rues de Napoli et reviendrait, plus obstinée que le moustique hypnotisé par la lampe de ma chambre et le sucre de ma peau. La mettre à l'hospice ? Une rapide palpation de sa poitrine et de son gagne-pain révélerait assurément une trop grande vitalité pour que sa candidature à la vie de vieille soit acceptée... Elle n'est présentement pas assez âgée, ni assez malade, ni assez laide. Quant à l'hôpital psychiatrique, au motif que madame se donne tous les soirs à minuit moins dix du plaisir avec le chausse-pied familial, je n'y crois pas...

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