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Il est déjà tellement impudique d'écrire que je ne trouve pas l'épithète pour qualifier l'acte de s'autoéditer ! Il y a forcément beaucoup d'indulgence et de suffisance dans une telle pratique. Depuis mes jeunes débuts dans l'écriture publique, au bel âge rimbaldien, je me suis toujours opposé à l'autoédition, où le pire ne laisse pas de place au meilleur. À cette époque des vaches maigres - elles n'ont pas beaucoup grossi depuis -, mes yeux d'adolescent étincelaient de colère devant les recueils de pseudo poèmes que se payaient à grands frais des bourgeois fortunés qui s'achetaient ainsi leur statut de poète local : le mauvais goût, avec des rubans... Je n'ai donc jamais cédé à cette facilité, non pas tant par manque de liquidités mais plutôt par orgueil, ne voulant pas faire partie du catalogue de ces nantis autoédités que j'exécrais, diffuseurs de poésies arachnéennes, empoussiérées, surannées, rances, exsangues.

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