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STALAG XI A
 
Louis KLINKENBERG

Photo de L. Klinkenberg 

Louis KLINKENBERG Né le 1er février 1908 à Mont-Dison (près de Verviers),
sous le nom de Klenkenberg
 (à la suite d’une erreur administrative qui sortait ses effets depuis trois générations),
et décédé à Verviers (Belgique) le 15 novembre 1981.


     Je suis honoré d'accueillir dans ces pages consacrées au Stalag XI A les documents de la famille Klinkenberg consacrés à M. Louis Klinkenberg et à ses compagnons wallons du Stalag XI A. Comme vous pourrez le constater, ils enrichissent la banque de documents proposés sur ce site, d'une part avec des œuvres graphiques (des dessins et une aquarelle), et, d'autre part, avec des documents rares et signifiants pour tous ceux qui s'intéressent à cet aspect de la Seconde Guerre mondiale, soit un total de trente et un documents. Ils ont été ordonnés en trois groupes :
    1) les œuvres graphiques ;
     2) les photographies de prisonniers ;
     3) les documents divers (dont un article de presse).
   
      Je remercie sincèrement
le Royal syndicat d'initiative de Theux-Franchimont pour son autorisation de reproduction d'un extrait de son Bulletin mensuel : Le pays de Franchimont, 64e année, n° 770, novembre 2011, pp. 12-13.

 Les textes, légendes et documents sont la propriété des Klinkenberg et sont donc protégés par le copyright. Pour toute information complémentaire et demande d'autorisation, merci de vous adresser à M. Jean-Marie Klinkenberg : jmklinkenberg@ulg.ac.be

Patrick Pognant (27/01/2012)

Le fils de M. Finck a envoyé à Jean-Marie Klinkenberg le portrait de son père réalisé au Stalag XI A par Louis Klinkenberg. Nous sommes heureux d'accueillir ce portrait (ci-dessous) sur la page de M. Klinkenberg.

Patrick Pognant (09/06/2013)



Textes, légendes et photos :
©
2012 Maggy, Lucien, Annette, Jean-Marie et Marie Klinkenberg

BIOGRAPHIE

        Louis Klinkenberg exerçait la profession de peintre-décorateur. Il était entré en 1922 comme apprenti au gros atelier de peinture Felterre-Lenain, à Verviers ; mais il était également artiste-peintre : il fut élève de Maurice Pirenne à l’Académie des Beaux-Arts de Verviers. Il avait également une activité militante : actif au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne, il en devient le président fédéral. En 1933, il reprend l’entreprise Felterre-Lenain avec son ami René Gérard, qui deviendra son beau-frère, puisqu’il épouse Marie Gérard en 1936.

     Appelé de la classe 1928, il fit son service militaire au Génie — apprenant à construire des ponts et à les détruire — et reçut le grade de sergent lors d’un rappel. Mobilisé en 1939 à Bourg-Léopold, il participa à la « Campagne des 18 jours » au terme de laquelle il fut fait prisonnier, et interné au Stalag XI A. Il ne put donc être présent lorsque sa fille Anne-Marie naquit (dans le Puy-de-Dôme, sur les routes de l’exode où son épouse avait dû se jeter avec ses deux enfants Marguerite et Lucien).

     Un bref instant, Louis Klinkenberg put croire à sa libération prochaine. L’Allemagne nazie décida en effet de libérer les prisonniers de guerre flamands — réputés germains —, les Belges francophones étant voués à partager le sort des Français et de bien d’autres nationaux. Mais son nom indiscutablement germanique ne lui valut pas un autre traitement que celui qui était réservé aux Wallons dont il était. Au Stalag XI A, il a cotôyé le grand syndicaliste André Renard. Il fut détaché au Kommando dans une ferme, où il se montra peu doué pour les activités agricoles. Son compagnon de captivité et ami, Albert Kaivers, évoque ces moments dans le texte reproduit ci-dessous (article de presse), avec le détachement que donne le temps.
     En 1942, après un séjour au Lazaret (l'hôpital du camp, voir dessin ci-dessous) Louis Klinkenberg fut déclaré  « DU
» (abréviation de Dienstsunfähig : inapte au service) et son rapatriement en train sanitaire fut en conséquence prévu. Commença alors la longue attente du retour (au début 1942, une sévère contre-expertise eut lieu, et un certain nombre de camarades de Louis Klinkenberg, pourtant mal en point, furent renvoyés au travail).  

  
     Il rentra au pays, où il aura encore deux enfants, Jean-Marie et Marie. Mais plus jamais, ni son moral ni sa santé ne seront les mêmes.


1) Les œuvres graphiques

Auteur : Klinkenberg (sauf pour les deux dernières œuvres présentées ci-dessous)

Dans toutes ses lettres, Louis Klinkenberg assurait ses proches de sa bonne santé.
 Mais dans le petit carnet de notes qu’il avait avec lui, longue était la litanie des jours où la seule mention était : « J’ai faim ».

Le peintre Klinkenberg avait avec lui un autre petit carnet, à dessin cette fois et bien précieux entre tous, étant donné la rareté du papier.
Certaines de ses pages, aujourd’hui piquées et jaunies, ont été miraculeusement sauvées (collection Marie Klinkenberg).
Tantôt au crayon gras, tantôt à la mine de plomb, le KG y croquait des vues du Stalag ou des scènes quotidiennes.

Est-ce pour contrer la promiscuité du camp ?
Toujours est-il que, dans ses vues du Stalag, on ne voit pas de présence humaine.
 Et la nature est bien présente, à laquelle les lugubres miradors sont comme rendus.

esquisses

Quelques esquisses de scènes du travail en kommando.


Bâtiment du Stalag XI A

Le Lazaret (hôpital du camp) en septembre 1941.

 

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Bâtiment non identifié

Bâtiment non identifié (25/10/1941).

Bâtiment non identifié

Bâtiment non identifié (03/10/1941).


Bâtiment non identifié (25/10/1941)

Bâtiment non identifié (sans date)
 

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Scène du camp

Dans cet autre dessin, on peut sentir toute la nostalgie de celui à qui l’on a interdit de voir grandir ses enfants.
Sans doute est-ce pour se protéger de l’émotion que l’artiste a traité le motif à la limite de la caricature
(sans date).


PortraitPortrait

Au camp, Louis Klinkenberg portraiturait aussi ses camarades de captivité.
 Pour réaliser ce travail, il avait un crayon gras, que lui avait donné un religieux lazariste
 (à son retour, il ramena comme un trophée ce minuscule crayon, qui n’avait plus qu’un centimètre et demi de long).
 Il vendait ses portraits pour un demi-paquet de tabac ou pour une somme variant de 1 à 1,5 marks
 (1 mark pour un portrait de profil, plus facile et rapide à exécuter qu’un portrait de face…).
 Dans l’interview reproduite ci-dessous (article de presse), son camarade Albert Kaivers parle d’un de ces portraits (en lui donnant la valeur de 1 pfennig !).
 Cette activité lui a littéralement permis de survivre :
 avec ses Lagermarks (voir photo ci-dessous),
 il  achetait des cigarettes, qu’il échangeait ensuite contre un supplément de pommes de terre.
 Le portrait de gauche (ou le premier en fonction de votre navigateur)
est une esquisse,
portant au dos la mention « un mineur de Charleroi, ami de Henri Petit ».
 Au dos du second, il a indiqué :
 « Ce dessin est le dernier avant mon retour au pays. C’est celui d’un violoniste qui, dans la fièvre du départ, a oublié de le reprendre et de le payer. »

 

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Portrait

Autre portrait d'un camarade de captivité : Arsène Finck, né le 25.01.1906 à Jehanster (Belgique) dans un milieu modeste.
 Comme l'indique son uniforme, il était caporal au 43e bataillon de carbiniers cyclistes.
 Après avoir exercé la profession de reporter-photographe, il est décédé le 1er octobre 1995 à Heusy (Belgique).
 La dédicace ("A l'ami Arsène / en souvenir du temps / où l'on se grattait / Altengrabow 10/4/1942") fait de toute évidence allusion aux poux qui infestaient le camp.




Mirador

Le camp, un mirador au premier plan (04/10/1941).


Mirador

Le camp, un mirador au premier plan (09/02/1942).


Mirador

Croquis rapproché d'un mirador (24/09/1941).


Petite maison


Ce petit croquis, non daté et plus expéditif, est un souvenir du détachement en Kommando.
Il porte au dos la mention « vue de la bicoque où l’on nous enfermait le soir et où nous étions vraiment chez nous. 12 hommes ».
Douze hommes étaient ainsi au travail à Zigenhagen ou Ziegenhagen,
hameau d’une vingtaine de maisons près de Stendal (ville qui inspira son pseudonyme à Stendhal), et qui n’a pu être  identifié avec précision.

 
Albert Kaivers, le camarade de Kommando de Klinkenberg,
évoque aussi ces douze compagnons, leur baraque et ses châlits dans l'article de presse à la fin de cette page
(il parle de « Egen Hagen », mais son fils a peut-être mal recopié ce qu’il entendait).

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Habsch

Encre de chine et crayon s. papier, rehaussé à la gouache, 25 x 18, 1940, coll. Lucien Klinkenberg.

Louis Klinkenberg n’était pas le seul artiste à peindre la vie au camp.
 Ainsi, on peut contempler cette
"œuvrette" de Habsch, qui travaillait au service « Éducation » (on dirait aujourd’hui « Animation »).
 On remarquera le fait que les croisillons des fenêtres de cette chambre apparemment confortable sont faits de fils barbelés.



Aquarelle


Chambrée au camp, aquarelle s. papier, 34 x 50, coll. Maggy Klinkenberg, 1942.

Cette scène — une grande aquarelle rendant compte de l’atmosphère d’une chambrée —
est l’œuvre de Henri Habsch, comme le dessin précédent.
 Ce prisonnier devint par la suite professeur dans une Académie artistique à Liège.
  Louis Klinkenberg lui acheta le tableau après la guerre, lors d’une exposition.


2) Les photographies de prisonniers

Groupe de prisonniers belges

Quelques prisonniers belges à Altengrabow. Louis Klinkenberg est à l’extrême gauche (entre 1940 et 1942).

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Photo de groupe

Autre groupe de prisonniers belges, datée du 4 mars 1942.
 Louis Klinkenberg est le quatrième à partir de la gauche. Les autres n’ont pu être identifiés
.


Photo de prisonnier

Dernière photo, datée du 6 mai 1942, et collée sur une lettre standardisée de la poste spéciale des prisonniers de guerre.
Voir agrandissement ci-dessous :

Agrandissement

De gauche à droite :
 Grégoire, Gilsoul, Albert Kaivers, Louis Klinkenberg, Dartois, Grignac et Arsène Finck.
Au premier rang : Delville, Lenoble et Landresse (dont les prénoms ne sont donc pas connus).

Retour des prisonniers

Sur le quai de la gare centrale de Verviers.
Le retour du prisonnier, le 24 mai 1942. Nombreux sont ceux qui n’ont pas eu ce bonheur.


Louis chez lui

Dans son foyer retrouvé.


trois kg en 45 ou 46

Après la tourmente, en 1945 ou 1946,
Louis Klinkenberg, à gauche, avec deux camarades de captivité, dont Albert Kaivers, à droite.



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3) Les documents divers (dont un article de presse)

Plaque

Plaque-matricule de Louis Klinkenberg.
 Dans les statistiques, les prisonniers de guerre étaient autant de « Stücke » (littéralement : pièces).
 Le Stück Klinkenberg portait le matricule 71347.


billet

Lagergeld, ou « monnaie des camps de prisonniers de guerre » : ticket d’une valeur de 1 mark ayant appartenu à Louis Klinkenberg.
 Les prisonniers ne pouvaient détenir de l’argent allemand, mais uniquement cette monnaie,
 qui avait cours à la cantine  du camp mais était inutilisable en dehors (sauf pour les prisonniers détachés en Kommando).
 Bien sûr, cela n’empêchait pas les trafics ; et, de toute manière, l’unité de compte la plus régulièrement utilisée était la cigarette.

carte Croix Rouge

Lettre à la Croix rouge.
Une des lettres de la poste spéciale des prisonniers de guerre.
 On ne pouvait écrire qu’au crayon à l’aniline, et en principe seulement sur les lignes.
 Et, bien sûr, le courrier était censuré (on voit nettement le cachet « approuvé »  —  geprüft — de la censure du Stalag).


carte recto
carte verso

Quoique sèche comme un formulaire, ce qu’elle est, la première carte dut être bouleversante pour toutes les familles de prisonniers.
 Jusqu’à son arrivée, elles vivaient dans l’ignorance du sort réservé au leur : tué ? blessé ? disparu ?
 Celle que put envoyer le Kriegsgefangene Klinkenberg est datée du 28 juin 1940.
 Envoyée à l’adresse de ses parents, elle y arriva courant juillet, bien avant que son épouse ne rentre de son exode français, le 21 août.

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colis

Les colis  — envoyés grâce à la Croix rouge — mirent, eux, un certain temps à arriver…

reglement colis

Les règles qui présidaient à la confection du contenu de ces colis étaient féroces…

carte à la main

Région d’Altengrabow, carte réalisée par Louis Klinkenberg.

Localités sur l’axe N-S : Ziesar, Magdeburger forth, Drewist, Altengrabow, Gr. Lübars, Loburg, Leitzkau.

Localités sur l’axe W-E : Küsel, Theessen, Grabow, Burg.

Dans la zone gauche de la carte : Magdeburg, Biederitz, Heyrotsberge.

carte américaine

Fragment de carte américaine datant de 1944, Army map service.

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Albert KAIVERS

© Royal syndicat d'initiative de Theux-Franchimont Le pays de Franchimont, 64e année, n° 770, novembre 2011, pp. 12-13.

En août 2011, quelque jours avant sa mort, Albert Kaivers, un compagnon de Louis Klinkenberg,
 confie à son fils ses émouvants souvenirs sur cette période que nul ne doit oublier.
Il était né le 30 janvier 1916, et était le prisonnier n° 71 166.
Il  évoque, outre Klinkenberg, deux des « douze hommes » du Kommando :

 Joseph Knaepen, de Remouchamps, né en 1919 (le Stuck 71 065) et Albert Henkinet, de Montignies-sur-Sambre, né la même année que Kaivers (le 71 238).



Textes, légendes et photos :
©
2012 Maggy, Lucien, Annette, Jean-Marie et Marie Klinkenberg

Contact :
M. Jean-Marie Klinkenberg : jmklinkenberg@ulg.ac.be

 

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